Pourquoi couvrir le sol ? Les vrais effets du paillage
Un sol couvert se comporte différemment d'un sol nu. Les pertes d'eau par évaporation sont environ trois fois plus importantes sur une terre nue que sur un sol forestier. En été, la chaleur réchauffe les racines et augmente la transpiration des plantes. Résultat : il faut arroser plus souvent. Un paillage absorbe l'eau, la retient et la restitue progressivement aux racines. Le paillage bloque aussi la lumière. Sans lumière, les graines d'adventices ne germent pas. Vous limitez donc le désherbage sans recourir aux produits chimiques. Sur les sols argileux, il évite la battance, ce phénomène où la pluie tasse la terre et forme une croûte imperméable en surface. L'eau des arrosages suivants ne peut plus s'infiltrer. Les matériaux organiques se décomposent en humus. Ils enrichissent le complexe argilo-humique et augmentent la fertilité du sol. Ils servent aussi de refuge aux insectes utiles pendant l'hiver. Enfin, un paillage maintient des conditions plus stables en surface : température, humidité et concentration en composés organiques varient moins. Les micro-organismes du sol, qui rendent les nutriments disponibles par leur travail de digestion, s'en trouvent favorisés.Paillage organique, minéral ou synthétique : que choisir ?
On distingue trois grandes familles de paillis. Le paillage organique est composé d'éléments naturels d'origine végétale : écorces, paille, chanvre, feuilles, tontes de gazon. Il se décompose en quelques semaines ou quelques mois et nourrit le sol en se transformant en humus. C'est le choix le plus courant pour le potager et les massifs. Le paillage minéral regroupe la pouzzolane, les graviers, les éclats d'ardoise ou les galets. Il ne se décompose pas et protège le sol sur de très longues durées. Il régule l'humidité et donne un rendu esthétique. En revanche, il n'apporte aucun nutriment à la terre. Le paillage synthétique (films plastiques ou toiles tissées) occulte complètement la lumière et bloque les mauvaises herbes. Il est durable mais n'enrichit pas le sol. Les films biodégradables micro et macro-perforés constituent une alternative pour les cultures de courte durée au potager.Quel paillis pour quel usage ? Le tableau comparatif
| Matériau | Utilisation idéale | Épaisseur conseillée | Durée de vie |
|---|---|---|---|
| Écorce de pin maritime | Massifs, arbustes, plantes fleuries, bruyères, rosiers | 4 à 6 cm en pleine terre | Longue durée |
| Plaquette forestière | Rosiers, haies, arbustes, plantes en bac | 4 à 6 cm | Longue durée |
| Paillettes forestières fines | Pots, jardinières, plantes d'intérieur | 2 à 3 cm | Moyenne |
| Chanvre | Potager, plantations potagères | 3 à 5 cm | Moyenne |
| Paille bio | Petits fruitiers, plantes sensibles au froid | 5 à 8 cm | Moyenne |
| Chips de coco | Plantes exotiques et méditerranéennes | 4 à 5 cm | Longue durée |
| Pouzzolane | Bassins, plantes aquatiques, massifs minéraux | 3 à 5 cm | Très longue durée |
Le paillage au potager : chanvre, paille et matière organique
Les légumes apprécient un sol frais et riche. Le chanvre s'impose comme une alternative écologique intéressante : fin et léger, il couvre bien la surface tout en laissant passer l'air. Une couche de 3 à 5 cm suffit pour les plantations potagères. La paille issue de l'agriculture biologique reste un incontournable pour les petits fruitiers et les plantes sensibles au froid. Elle protège du gel, maintient l'humidité et se décompose lentement en apportant de la matière organique. Les plants de tomates, de fraisiers, de dahlias et de chrysanthèmes bénéficient particulièrement d'un paillage. Ces plantes demandent un apport en eau régulier et le paillis limite l'évaporation. Il garde aussi les fruits propres en évitant les éclaboussures de terre. Toutes les plantes ne réclament pas un paillage. Les oignons, les aulx et les échalotes, qui n'ont pas besoin de beaucoup d'eau, s'en passent très bien. Les plantes de rocaille comme les sédums, la joubarbe, la santoline ou les graminées résistent à la sécheresse et préfèrent un sol nu.Les erreurs à éviter avec les paillis organiques
Le paillage organique se divise en deux catégories aux effets opposés. Le paillage vert, composé de feuilles fraîches et d'herbe tondue, est riche en azote. Le paillage brun, fait d'écorces, de branches et de paille, en contient très peu. En trop grande quantité, l'azote devient néfaste pour la terre. Il faut donc mélanger les deux pour équilibrer les apports. Autre erreur fréquente : déposer une couche trop épaisse qui asphyxie les racines ou trop fine qui laisse passer la lumière et ne retient pas l'humidité. Les épaisseurs conseillées varient selon le matériau : 3 à 5 cm pour le chanvre, 4 à 6 cm pour les écorces de pin, 5 à 8 cm pour la paille. Enfin, le paillage modifie le pH de la terre. Certains matériaux, comme les écorces de pin, ont un effet acidifiant. Ils conviennent aux plantes de terre de bruyère mais pas aux légumes qui préfèrent un sol neutre. Les paillis du commerce présentent l'avantage d'avoir un pH équilibré pour la plupart des cultures.Comment bien installer son paillage ?
L'installation demande un minimum de méthode. Voici les étapes à suivre :- Désherbez la zone avant de poser le paillis. Un paillage posé sur des mauvaises herbes déjà développées les laissera passer.
- Arrosez généreusement la terre avant de couvrir. Le paillis retient l'humidité mais n'apporte pas d'eau.
- Déposez le matériau en couche régulière aux épaisseurs conseillées. Ne collez pas le paillis contre les tiges des plantes pour éviter les pourritures.
- Complétez au fil du temps : les paillis organiques se décomposent et s'affaissent. Ajoutez une nouvelle couche chaque année ou tous les deux ans selon le matériau.
